Pour vivre heureux vivons cachés ? ou la mort de Syd Barrett

Publié le par Ben Astruc

 

Le vendredi 7 juillet 2006, Syd Barrett, fondateur en 1965 de Pink Floyd, est mort à l'âge de 60 ans des suites de complications liées à son diabète...

C'est  une des dernières grandes figures du rock des sixties qui s'en va avec lui, emportant dans la tombe les nombreux mystères qui auront entouré sa vie personnelle et sa (courte) carrière musicale. Car Syd Barrett aura été une des plus grandes énigmes du rock. Personnage trop fragile et lunatique pour supporter le poids de son authentique génie, il aura à peine eu le temps de créer, avec son groupe, Pink Floyd, un nouveau son, aussi novateur que téméraire, que très vite, trop vite, les excès d'hallucinogènes et de paranoia l'auront précipité dans des ténêbres lysergiques d'où il ne reviendra jamais.

Syd Barrett aura tout de même eu le temps de livrer un premier aperçu de sa vision de la pop avec le premier Pink Floyd, The Piper At The Gates Of Dawn, sorti en 1967. C'est la grande époque des tenues colorées, du LSD, des lunettes roses et du Swinging London. Et si les désormais tout puissants Beatles font preuve de témérité avec leur Sgt. Pepper, c'est en fait à toute une nouvelle génération de groupes que revient le partage du leadership de la créativité : 1967 voit en effet les premiers disques ravageurs de futures légendes telles le Jefferson Airplane, le Velvet Underground, les Doors, Jimi Hendrix, Cream, etc... Syd Barrret et son combo d'ex-étudiants en architecture sont de cette vague colorée, et la réussite de leur premier album en fait des fers-de-lance du "mouvement" psyché. Leurs chansons deviennent aussitôt des classiques, Arnold Layne, See Emily Play, Interstellar Overdrive, Apples And Oranges, etc... Autant de défis à tout ce que l'histoire de la musique populaire a pu connaitre jusque là. John Lennon et Yoko Ono assistent à leurs séances d'enregistrement, David Bowie pense déjà à reprendre leurs chansons, on raconte que Brian Jones lui-même tend l'oreille...

Le groupe va alors de concerts en performances, recréant chaque soir sur des scènes noyées d'effets de lumière stromboscopiques un carnaval de sons venus d'on ne sait trop où, racontant d'étranges histoires d'épouvantail, de gnomes, de voyages interstellaires ou de trips cosmiques... Bien sûr on commence vite à parler d'excès de drogues hallucinogènes, dont la musique du groupe rappelle les effets. Et c'est d'ailleurs la triste vérité, l'envers du décor coloré de Syd Barrett, auquel sa surconsommation de LSD va bientôt coûter cher, très cher...  

Le deuxième album du groupe est déjà tout autre chose, Barrett ne joue plus que sur un seul morceau, et sur scène il devient ingérable. Son attitude n'est même plus lunatique mais carrément insensée. Il est en train de perdre la tête, de plus en plus vite, et en quelques mois, le génie novateur admiré du tout-Londres est devenu un véritable paumé qui ne comprend plus rien à rien. Il est finalement remplacé au sein de Pink Floyd par David Gilmour, et son ancien groupe poursuit sa route sans lui, et sans cette témérité et cette imagination musicale qui l'a fait découvrir...

Syd Barrett tentera plus ou moins de reprendre la route des studios, et  épaulé par ses anciens complices du Floyd, il va enregistrer, cahin-caha, deux albums, les premiers et derniers de sa "carrière" solo. The Madcap Laughs sort en 1969, Barrett suit l'année suivante. Mais le public ne suit pas : les disques sont inégaux, la production est plus que minimale, et l'inspiration des chansons, malgré quelques réussites, n'est plus comparable en rien avec les perles de 1967... Syd Barrett se retire alors définitivement, il s'installe chez sa mère dans la banlieue londonnienne, et plus jamais il ne brillera sous les feux des projecteurs... Les rumeurs vont alors bon train, on le dit fou, ou mort, ou sur le retour, on raconte qu'il ne parle plus qu'aux murs, qu'il ne sort plus de sa cave, qu'il est en crise mystique, etc... etc...

La vérité est moins romantique, et beaucoup plus terre-à-terre : l'ancienne étoile psychédélique viellit peu à peu, il ne donne pas d'interviews, il ne joue plus, ne compose plus, il s'empâte et commence à connaitre des problèmes de santé. Le diabète s'installe et devient une souffrance quotidienne, jusqu'à ce triste vendredi de juillet, où son corps fatigué s'écroule, à l'âge de 60 ans. Trente-cinq ans après la mort de ses illusions, noyées dans les brûmes du LSD...

Paix à son âme...

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Publié dans branleurs

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A
Triste fin pour une icône rock <br /> http://kultura.over-blog.com/article-2668872.html
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F
moi je connais un groupe de branleurs lol (les freres tignase)
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