Beaucoup A Faire En Enfer : Le Cas Michael Blanc

LES FAITS...
Le 27 décembre 1999, un jeune Savoyard de 26 ans, Michael Blanc, venant d'Inde, débarque à l'aéroport international de Bali, en Indonésie. Dans ses bagages, transportées dans la soute de l'appareil, du matériel de plongée. Alors qu'il attend son tour pour passer les formalités douanières, il est interpellé par les services de sécurité de l'aéroport et emmené dans les bureaux de la police. C'est là qu'on commence à l'interroger, sans ménagement. Ce n'est que plus tard, alors qu'il ne comprend rien à la situation, qu'on se décide enfin à lui apprendre les raisons de son arrestation : les douaniers auraient trouvé presque quatre kilos de cannabis cachés dans les bouteilles d'oxygène du matériel de plongée...

C'est le début d'un long cauchemar, d'autant plus angoissant que pendant longtemps, Michael ne saura rien ou presque de l'évolution de sa propre situation, il ignore tout de l'"enquête" qui serait en cours... Et chaque jour il se demande de quoi sera fait le jour suivant. En Asie, c'est souvent le lot des inculpés de traffic de drogue... Certaines images viennent bien sûr à l'esprit, horribles, dérangeantes, innaceptables; réminiscences des mésaventures de Bill Hayes ("Midnight Express"), Armand Lerco ("Les Chiens De Bangkok"), Warren Felows ("The Damage Done"), etc... etc... Les exemples ne manquent pas. Des expériences traumatisantes dont beaucoup ont le tort de critiquer la véracité ( ! ). Des images caricaturales ?
En fait, la réalité est souvent au-delà même des pires fictions. Et c'est ce que Michael Blanc va découvrir dans les geôles balinaises de Kerobokan...
Les premiers mois de détention resteront sans doute gravés à jamais dans son esprit comme un cauchemar à peine imaginable... Michael va rester confiné dans une minuscule cellule, sans presque aucune sortie à l'air libre pendant cinq mois. Les déchets, l'eau croupie, les déjections et le sang des autres condamnés ne sont nettoyés que selon le bon vouloir des gardiens; Mais c'est là que Michael et ses co-détenus doivent manger, dormir et passer leurs journées.
Tabac, médicaments, radio, livres et télévision vont lui être interdits pendant de longues semaines. Quant aux repas, ils sont plus qu'insuffisants, et l'eau, potable ou non, n'est donnée qu'au compte-goutte, il est donc difficile de se laver et de garder une hygiène et une santé physique acceptables. Tenir le coup est quasiment un défi quotidien, et dans ce genre de conditions, on ne compte plus les infections, les maladies, les dépressions, et les désirs et tentatives de suicide...

Mais Michael va tenir, il sait qu'il ne doit pas craquer. Et cette force, il va la trouver dans la détermination de sa mère Helen, et très vite dans la mobilisation qui commence à prendre forme en France et ailleurs ... Car les médias vont être prompt à réagir, malgré que la famille Blanc n'ait ni fortune, ni influence locale, ni relations ministérielles (contrairement à ce que beaucoup disent...).
Quelques mois plus tard, la gravité du cas de Michael devient évidente. Il risque une lourde peine d'emprisonnement, on parle de plusieurs années... Pour soutenir son fils et préparer au mieux sa défense, sa mère s'installe alors à Bali.
Les conditions de détention, si bien sûr elles restent plus que précaires, s'améliorent toutefois un peu : Michael a désormais "droit" à la radio (le seul média autorisé à Kerobokan, évidemment en Indonésien...), on lui a accordé une guitare et le droit à quelques sorties, et il peut désormais recevoir eau, livres, lettres et cigarettes. Bien peu de choses, mais dont l'importance est décuplée dans de telles conditions...
LE PROCES...
Le procès s'ouvre en novenbre 2000 au tribunal de Denpasar. Très vite, les choses vont beaucoup plus loin que quiconque aurait pu imaginer. L'avocat général exige en effet l'application pure et simple des lois indonésiennes en matière de trafic de stupéfiants, et cela malgré la nationalité de l'accusé. C'est donc la peine de mort qui est demandée.
Les séances du procès vont alors démontrer les innombrabres lacunes de l'instruction. La défense va donc tenter d'apporter la preuve de la machination dont Michael a été la victime.
Selon lui, Michael aurait été trompé par un voyageur français rencontré sur une plage indienne. Un inconnu auquel pourtant il aurait aussitôt accordé sa confiance, et qui lui aurait confié un peu avant son départ vers Bali le fameux matériel de plongée... Un inconnu que le détective engagé par la mère de Michael n'arrivera pas à retrouver.
L'arrestation à l'aéroport est elle-même sujet à caution. Car à aucun moment Michael ne fut alors informé de sa situation, de plus l'ouverture des fameuses bouteilles d'oxygène ne fut pas faite en sa présence (et sans témoin autre que l'équipe de douaniers), et personne (à part justement ces douaniers...) ne peut affirmer avoir au moins une fois vu l'objet du délit, ces soi-disant quatre kilos de haschish !
Mais rien n'y fera, ni la mise au jour des nombreux vices de procédure de l'enquête, ni la mise en évidence des troublantes contradictions de l'accusation. Et après quelques jours d'un procès à la limite de la caricature, et bien que la dernière séance ait été enregistrée par la télévision française, le verdict tombe : Michael Blanc est reconnu coupable de trafic international de stupéfiants. Au regard de sa nationalité, la peine capitale demandée par l'accusation en vertu des textes de lois est finalement commuée en réclusion à perpétuité.
La défense fait appel, Michael est ramené en prison... Puis les mois passent...

En février 2001, l'appel est refusé, puis en septembre, c'est la Cour Suprême qui refuse à son tour de revoir l'affaire en rejetant la cassation. Dans les deux cas, Michael et ses avovats n'étaient même pas présents : personne dans l'administration n'a jugé bon de les convoquer ! Pire encore : alors que les fêtes nationales sont chaque année l'occasion pour un grand nombre de prisonniers de voir leur peine diminuée voire annulée, Michael Blanc se voit à chaque fois refuser la moindre mesure de clémence de la part du gouvernement. Alors que des gangsters mafieux, des hommes politiques corrompus ou des tueurs en série profitent des amnisties, lui va voir toutes ses demandes systématiquement refusées... De quoi perdre espoir. Mais Michael tient le coup.
Une demande de grâce va même être présentée à Mme Megawati Soekarnoputri, Présidente de la République d'Indonésie. En vain. A ce jour, aucune solution ou terrain d'entente n'ont été trouvés.
Et Michael Blanc continue de purger sa peine à Kerobokan...
POLEMIQUES ET DEBATS STERILES...
La diffusion de l'enregistrement de la dernière séance du procès par une équipe de télévision française a très largement médiatisé l'affaire. Du jour au lendemain on a assisté à une énorme mobilisation (sans doute démesurée par rapport à l'ignorance des peuples occidentaux ne serait-ce que la veille...). Le gouvernement indonésien est alors soudain montré du doigt, la plupart du temps par des gens qui ignorent tout ou presque de l'affaire, une pétition internationale est lancée, des personnalités interviennent sur les plateaux de télévision, et très vite les premières polémiques apparaissent, premiers combats d'idées qu'on imagine inévitables dans ce genre de cas... mais qui la plupart du temps ne sont que de stériles chevaux de batailles.
Dès lors, tout et n'importe quoi va être dit. On accuse Michael Blanc des pires maux... Bien sûr, on l'accuse d'abord d'être tout simplement coupable et de se servir de prétendues "relations" pour se sortir au plus vite de son enfer... On parle de fortes sommes d'argent versées à l'entourage, et qui ne seraient pas toutes utilisées pour l'organisation de la défense... On parle de machination médiatique, de complot politique, etc... certains détracteurs vont très loin.
De Michael Blanc, certains evidemment disent qu'il n'est qu'un vulgaire consommateur/dealer de drogues parfaitement au courant des risques qu'il prenait en introduisant des stupéfiants dans un pays comme l'Indonésie. On va même jusqu'à raconter qu'il était un important fournisseur en coke des touristes fortunés de Bali, qu'il connaissait toutes les ficelles du "métier", et qu'il lui arrivait régulièrement d'employer de jeunes voyageurs(ses) pour aggrémenter son infâme traffic !
Heureusement, dans le cas de Michael Blanc, une grande majorité de gens ne cède pas à la facilité de voir le mal partout et même là où il n'a pas lieu d'être. Très vite un large mouvement de sympathie s'est développé... Une pétition a été lancée au plan international, des élus de nombreux partis sont mis au fait de la situation, on voit même des artistes organiser des concerts, des expositions, des débats, etc... pour essayer d'apporter la moindre aide possible.
Aujourd'hui les choses n'ont guère évolué... Si les conditions de détention de Michael se sont quand même amélioré un peu (trois quarts des gardiens de Kerobokan et une bonne partie de l'opinion publique indonésienne ont fini par se ranger de son côté), la vie quotidienne dans cette prison reste evidemment très dure... Heureusement, Michael, sa mère et toute leur équipe peuvent maintenant compter sur l'appui des milliers d'internautes et d'intervenants divers qui chaque jour depuis le début de "l'affaire" viennent leur apporter leur soutien, financier, politique ou tout simplement moral... Et quant on est dans ce genre de situation, il n'y a pas que l'argent qui compte : le moindre coup de main, le moindre signe d'attention, le moindre sourire, tout est primordial. La très large médiatisation de l'affaire aura au moins eu ceci de positif...
Mais encore aujourd'hui, alors que pourtant les moindres détails de l'affaire sont connus du grand public, on trouve encore des détracteurs on ne peut plus réactionnaires qui s'obstinent à jeter la pierre à quelqu'un comme Michael Blanc (qui n'est d'ailleurs pas le seul à faire les frais de certaines attitudes ecoeurantes)...
Bien sûr, très peu de ces critiques se basent sur quelque chose de véritablement concret, et la quasi-totalité de ces petites attaques puériles et/ou réactionnaires se perd heureusement dans les limbes... "Heureusement" car il y a evidemment autre chose à faire...
Et il y a d'ailleurs tellement à faire que pour l'équipe de soutien à Michael, aucune perte d'énergie n'est envisageable...
(Désolé pour tous les visiteurs, d'ailleurs de plus en plus nombreux, qui viennent sur branleurs.org, mais nous venons d'être victimes d'un plantage intégral de notre installation, d'où le fait qu'il manque la dernière partie de cet article. Nous vous renvoyons au site officiel www.michaelblanc.com)
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