Le carnaval sous toutes ses formes

Publié le par Céline Astruc-Dupart

Depuis de nombreux siècles, le carnaval est un moment très attendu dans de nombreux pays. Issu de la tradition catholique, la  période du carnaval débute à l'Epiphanie pour se finir le Mercredi des Cendres, juste avant le Carême. Entre la fin du carnaval et Pâques, il doit il y avoir 40 jours. Ces jours forment le Carême où les croyants sont censés jeûnés et surtout ne pas consommer de produits gras, de viande et d'oeufs. C'est pourquoi le Carnaval est une période faste, de réjouissances et d'excès en tous genres qui compense la période de jeûne du Carême.

L'apogée du carnaval a lieu pendant les Jours Gras. Partout les gens défilent dans les rues déguisés au rythme de la musique. Le jour de Mardi-Gras on finit les graisses. A cette intention, on fait des crèpes, des beignets, des fritures... Le personnage Carnaval qui est censé représenter l'opulence et la richesse, sera brûlé à la fin de la journée (ou noyé ). Dans certaines régions on le surnomme bonhomme d'hiver.Et, son immolation marquera la fin de l'hiver.

Pendant longtemps, avait lieu au même moment le Carnaval des Chats. Pratique assez barbare, qui consistait à mettre avec Monsieur Carnaval, un panier empli de chats vivants sur le bûcher.Les torches allumées à ce même feu étaient censée apporter fécondité aux champs, aux bêtes mais aussi aux hommes. En effet, à cette époque nos amis chats étaient apparentés aux démons.

Heureusement depuis 1777, de telles coutumes ont, apparrement, pris fin. Et maintenant, le carnaval est uniquement un condensé de plaisirs divers dans beaucoup de pays au monde. Et, en particulier, sur l'île de mes origines, La Martinique.

Vidés a Madinina, vlé Vaval... (défilés à la Martinique, voilà Vaval)

Jusqu'au XIXème siècle, seuls les riches colons fêtaient Mardi-Gras. Ils organisaient de somptueuses réceptions, des bals masqués.Mais en 1848, année bénie de la fin de l'esclavage, le carnaval acquit une nouvelle dimension poulaire. Les anciens esclaves enrichissèrent la tradition avec leurs croyances. Par exemple, les masques mais c'est aussi eux qui les premiers descendèrent  dans les rues pour défiler au rythme des tams-tams. Ils profitaient de cette occasion, pour se défouler mais aussi pour pour se moquer de leurs anciens maitres. Et ils paradaient en faisant claquer les fouets et en portant les casques coloniaux.

Jusqu'en 1902, en ce jour funeste où La Montagne Pelée s'est révéillée emportant tout sur son passage, le carnaval était habituellement fêter à Saint-Pierre. Mais la ville fut entièrement détruite et beaucoup d'habitants périrent, des morts que l'on contaient par plusieurs centaines. Et le carnaval s'arrêta pendant 4 ans.Il reprit en 1906, dans la nouvelle capitale de l'île, Fort-de-France.

Aujourd'hui, le Carnaval de Fort-de-France est réputé à travers le monde. Cette année la fête a battu son plein, pour son centenaire. Il reste pour les antillais, qui ne manquent jamais une occasion pour faire la fête et zouker, l'une des fêtes les plus importantes.

La  période du carnaval débute le dimanche suivant l'Epiphanie. Et atteint son paroxisme lors des Jours Gras. Pour que tout le monde puisse participer aux vidés (défilés en créole), tout ferme, les écoles, administrations, commerces...
Dès les débuts d'après-midi, tout un chacun envahit les rues pour défiler en costumes au son des orchestres de rues.

La musique a une place très importante. Les instruments, pour la plupart, sont faits en objets de récupération: bouteilles et bidons de toutes tailles sur lesquels on tape avec des baguettes au extrémités desquelles on a mis du caoutchouc servent de tams-tams, les calebasses garnies de graines de réglisses donnent des sortes de maracasses appelées cha-cha, les lambris et bois-bambou font de très bons sifflets. Le tout donne un ensemble assez hétéroclite, très entrainant, qui donne tout de suite envie de danser.

Tout le monde essaye de participer d'une manière ou d'une autre à la fête,soit en intégrant un orchestre de rue ou un groupe de danseurs, soit en participant à la création des chars. Pour préparer carnaval les gens se regroupent entre amis, en famille, en associations, par quartier. Les écoles aussi participent activement. Il n'a pas de thème unique pour le carnaval et chaque groupe fait quelque chose d'unique, d'original, à travers ses costumes, son char,...Et quand tout le monde se réunit pour les vidés, c'est un vrai feu d'artifice de couleurs, de sons, magnifique.

Le roi de la fête est Sa Majesté Vaval, gigantesque mannequin de bois. La dimenson satyrique introduite par les esclaves, est perpétuée à travers Vaval, qui souvent est à l'effigie d'un homme politique ou d'une célébrité locale, ayant souvent fait l'actualité dans l'année.
Vaval est très bien entourée, il a sa cour, composée des Reines du Carnaval.
Les Reines sont élues dans chaque commune. Dans chaque ville, on vote pour une Mini-Reine, fillette agée entre 5 et 12 ans, une Reine, souvent une très jolie jeune femme, et une Reine-Mère, agée de plus de 60 ans (souvent  la doyenne).

Bien qu'il n'y ait pas de thème unique, les gens respectent la tradition et les codes de chaque jour.

Lundi-Gras est le jour des mariages burlesques. Les hommes se déguisent en femmes et vice versa. Vaval préside ces faux mariages, hauts en couleurs et très drôles.

Mardi-Gras est le jour des Diables. Le rouge et noir sont les couleurs du défilé. On porte des masques effrayants et des coiffes gigantesques avec des grelots aux pointes. Les diablotins pourchassent les passants à coup de fourches, en rigolant et criant.

Le Mercredi des Cendres est jour de deuil. Vaval entouré de pleureuses défile pour la dernière fois. Tout le monde est en noir et blanc pour accompagner Vaval qui sera immolé à la fin de la journée sur le Ponton des Savanes. Ce moment cloture le Carnaval et annonce le début du carême et donc du jeûne.

Le carnaval a lieu dans de nombreux pays du monde. Chaque pays a ses traditions propres. On va essayer de faire un petit tour du monde des carnavals les plus réputés.

Au Brésil, le Carnaval de Rio, fait accourir les foules, surtout sur la fameuse plage Copacabana et son lot de femmes splendides et très peu vétues, fait tourner bien des têtes.
    Ce sont les portugais qui ont apporté cette tradition. Au départ c'était une fête appelée Entudo. Les gens avaient pour habitude de se jeter à la figure, de l'eau, de la farine (et autres poudres).
Ce jour était synonymes de liberté pour de nombreux esclaves qui avaient la permission de se grimer et de se déguiser avec les perruques et habits de leurs maîtres. Pendant trois jours, ils pouvaient circuler librement, et aussi bizarre que cela puisse paraître, très peu en profitaient pour s'enfuir.
En 1940, le carnaval se transforma sous l'impulsion d'une femme, italienne d'origine et mariée avec le propriétaire d'un grand hôtel. Elle décida de louer des musiciens, de faire importer des confettis, et autres serpentins et donna le premier bal masqué de Rio. Depuis la tradition est restée.

Autre ville très connue pour son magnifique carnaval, New-Orleans (Louisiane).
Le 3 mars 1699, un certain Sieur de la Salle préside lors d'une cérémonie ayant pour lieu une bande de terre dans le delta du Mississippi. Il la surnomma "Point de Mardi-Gras".
Ensuite, tous les ans, la population commémmorait ce jour en donnant des bals et des fêtes.
A leur arrivée, les espagnols décidèrent de supprimer toutes les fêtes données pour Mardi-Gras. Jusqu'en 1823, où sous la pression des créoles, le carnaval renaquit. Il fallut encore quatre ans pour que la fête soit légalisée. Mais plus d'une fois les différents gouverneurs hésitèrent à la supprimer, tant elle engendrait le chaos et la beuverie, et, tous les troubles qui peuvent en découlent (meurtes, violences, destructions de biens, ...).
C'est en 1857,  grâce à six petits jeunes, que le carnaval fut sauvé et qu'il trouva sa forme actuelle.
Pour l'histoire, Six jeunes hommes décidèrent de former un club, le "Mystic Krewe of Comus" (le terme Krewe vient de l'anglais Crew pour équipage), afin de préparer une parade. Nommant un Roi de la parade, l'un des membres, ils défilèrent déguisés dans le "Vieux Carré", le quartier français. Depuis, tous les ans, les gens suivent le modèle, et se regroupe en association et forment des équipages (un peu comme en Martinique et dans toutes les Antilles aussi). Chaque équipage fabrique par ses propres moyens son char et le jour de Mardi-Gras tous les krewe défilent au son de la musique, sous l'oeil bienveillant du Roi.

En Europe aussi, le Carnaval a de fervents adeptes.

       En france, le plus connu est celui de Nice avec sa célèbre Bataille des Fleurs, sur la Ballade des Anglais. Il a lieu depuis 1830.

                                                                                                              Au Pays-Bas, le carnaval a lieu partout. Le plus important est celui du Limbourg. On élit un Prince du Carnaval et deux adjudants, qui sont des sortes de régisseurs des festivités. Il y a aussi un roi entouré de son conseil des onzes.

Lors du Carnaval de Binche, en Belgique, les Gilles lancent des oranges aux enfants pendant 24 heures. Ils portent d'énormes chapeaux à plumes d'autruches, une ceinture de grelots, une blousée rembourée avec de la paille et des sabots.

A Olney, en Angleterre, a lieu tous les ans une drôle de coûtume, la course de crêpes. Depuis 500 ans, les habitants participent à cet évènement le jour de Mardi-Gras.
Les coureurs tiennent des grosses poêles remplies de crêpes encore chaudes. Ils doivent courir jusqu'à l'église en faisant sauter leurs crêpes au moins trois fois.

Le plus connu des carnavals europpéens reste , bien entendu, celui de Venise qui chaque année attire des centaine de milliers de touristes.

Le Pape donna son accord au XVème siècle, pour que le Carnaval de Venise puisse avoir lieu.
La fête dure dix jours, durant lesquels, un peu partout dans la ville, on peut assister et participer à des jeux, des mascarades, des courses.On dénombre plus d'une centaine de spectacles. Le grand bal masqué de la Place Saint Marc clot la période de festivités. On peut y voir de magnifiques costumes, et les fameux Bauta, masques d'oiseaux à plumes colorées et pailletés.

Ophélie, ma petite soeur qui passe son année scolaire en Erasmus, en Italie, a eu la chance d'assister au dernier jour du Carnaval de Venise. Bientôt, elle nous fera un petit article pour nous raconter cette journée de rêve et en attendant elle nous a envoyé quelques photos, histoire de nous mettre l'eau à la bouche.

Donc, nous déclarons officiellement Ophélie et Bastien envoyés spéciaux du Blog Branleurs et nous attendons la suite de leurs aventures avec impatience. Pour l'instant, les voilà partis, avec quelques potes, faire un petit tour. Au programme Croatie, Autriche, Slovénie. Donc, Bon voyage à vous tous et ramener nous de superbes photos et un tas d'anecdotes rigolotes. Gros Bisous et Merci.

                                                                                     Céline Dupart Astruc

Toulouse le mercredi des cendres 2006
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O
j'ai admire les magnifiques photos : costumes mulicolores incroyables<br /> bravo
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A
je crois que Claire va etre ravie de cet article...en ex-organisatrice du carnaval de caen et surtout en tant qu'apprenti chercheur en carnaval...Tchou.
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O
je viens de m'informer sur le carnaval: une belle fête partout et sur ces îles de rêve comme la Martinique ça doit valoir le coup, et les gens vivent vraiment le carnaval, c'est ça qui doit être bien, eencore un truc que j'aimerais voir!<br /> merci Céline
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